Démocrate sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 18 novembre 2008

En attendant le vote des pauvres

Jennifer s'en prend, sur son blog Not Zugzwang, aux termes utilisés par Jean Ziegler, pour qui il faudrait un « tribunal de Nuremberg » pour juger les responsables – notamment – de la crise alimentaire mondiale.

Pour Jennifer : "La recherche de « responsables » à traduire devant un tribunal de Nuremberg est ... un remède dérisoire, … renvoie à cette bonne vieille chasse au bouc émissaire – et à son sacrifice. ... Aucune rédemption ne sortira par miracle de toutes ces crises … Les politiques économiques et financières qui contribuent aujourd'hui à faucher une partie de la population mondiale sont les conséquences … (de) choix et (de) systèmes de représentations et de croyances … qu'il convient d'identifier. Cette démarche s'oppose à celle qui consisterait à plaquer sur une réalité atroce les concepts et les représentations qui renvoient à une autre réalité atroce."

Je reprends / amplifie mon commentaire chez elle - pour appuyer vigoureusement son point de vue (peut-être avec trop peu de nuances ou de délicatesse - désolé d'avance).

Je suis gêné par ce qui me semble être un tiers-mondisme "de Disneyland", par l'empilement de clichés tous faux, mais hélas tous jugés vraisemblables par une bonne partie de l'opinion occidentale :

  • des centaines de milliers de gens "meurent de faim" dans le Tiers-Monde. Faux, les famines, aussi tragiques soient-elles, sont rarissimes depuis les années 90.
  • le Tiers-Monde "s'enfonce dans la misère". Faux, son taux de croissance est supérieur à celui des pays anciennement industrialisés.
  • c'est "le capitalisme" qui entretient la pauvreté des pays pauvres. Faux : s'il y a des mécanismes de développement économique qui marchent au Sud, ceux-ci suivent très généralement le modèle capitaliste, même souvent déguisé en "développement communautaire" ; en tout cas le modèle économique communautaire a parfois réussi, mais très généralement échoué, comme en Tanzanie.
  • les barrières américaines ou européennes à l'importation empêchent ces pays de sortir la tête de l'eau. Généralement faux : pour l'Europe, les accords ACP sont asymétriques en faveur des pays pauvres ; plus généralement, les pays les plus pauvres n'ont actuellement pas grand chose à exporter et sont donc peu concernés.
  • pour permettre à ces pays de se développer, il faut augmenter l'aide au développement et lui faire atteindre 0,7%, ou 1%, de notre PIB. Grotesque : sur ce qu'on comptabilise comme aide au développement française, pas plus d'un euro sur 100, et encore, va aux plus pauvres. Très peu d'acteurs ou experts du Sud pensent que, globalement, l'aide au développement soit efficiente pour le développement.
  • pour devenir moins pauvres, ces pays ont besoin de fermer leurs frontières aux importations. Généralement faux ; dans des pays ayant peu à exporter, ce qui rétablit la balance, c'est la disponibilité sur le marché mondial de produits très bon marché, par exemple les produits industriels chinois.
  • les pays pauvres ont besoin pour se développer d'investissements étrangers: Faux à l'échelle macro-économique : l'investissement privé étranger ne vient dans des pays fragiles que s'il y trouve des taux de retour bien supérieurs à ceux du pays d'origine (c'est donc un investissement prédateur) ; ce qui développe aujourd'hui les pays pauvres, ce sont plutôt les transferts en provenance de leurs émigrés : ils représentent le double de l'aide au développement, et ne demandent pratiquement aucun retour financier vers le Nord.
  • les pays pauvres sont plombés par la dette, la priorité est de l'annuler. Globalement, je n'en crois rien.
  • les chefs d'État africains (par exemple) et autres détenteurs de pouvoir sont méchants et mauvais, ils enfoncent leur propre pays dans la misère. Généralement faux : il y a pu y en avoir de mauvais, comme ailleurs, mais généralement ils ont intérêt à rester en place, et pour cela à veiller aux intérêts de leur pays. D'ailleurs, parmi ceux qui les mettent en cause, qui aurait la capacité de faire à leur place ce job impossible, gouverner un pays pauvre, multilingue et marginalisé ?

Selon moi, ce tiers-mondisme de Disneyland, où des gentils sauveurs seraient empêchés, par de méchants capitalistes et politiciens, de venir à l'aide du pauvre qui meurt de faim, a des conséquences tragiques :

  • Il installe sur notre scène médiatique, en porte-parole du Tiers-Monde, des personnes / institutions qui ne sont nullement du Tiers-Monde, retirant à celui-ci la voix qu'il lui faudrait ;
  • Il dissuade de faire de la recherche, de s'interroger sur les causes et mécanismes effectifs de la pauvreté et de l'exclusion ;
  • Pire, il anesthésie les consciences et masque les scandales très réels de cette pauvreté.

On s'habitue au fait que "être né quelque part" donne des chances complètement différentes selon que c'est Manille ou Vintimille.

On est prêt à regretter que des pays aient pu accumuler du capital (de la richesse) pendant deux siècles en saturant l'atmosphère de gaz à effet de serre qui menacent toute la planète, et les pays fragiles plus que les autres - mais on ne parle jamais d'en assumer la responsabilité financière.

On parle de casques bleus et d'observateurs, mais jamais, à ma connaissance, de garantir le droit à la sécurité physique des personnes, sur une planète où des centaines de milliards de dollars sont investis dans des têtes nucléaires dernier cri.

Nos systèmes financiers encouragent l'évasion massive de capitaux vers des paradis fiscaux, donc l'extraction massive des ressources naturelles planétaires au bénéfice d'un très petit nombre de détenteurs de pouvoir militaire et financier. Oui, certes, il faut changer profondément le système économique mondial. Oui, une mondialisation plus juste est possible. Mais c'est affaire de lois, d'institutions, pas de tribunal.

En résumé, je crains qu'un tiers-mondisme de carton-pâte, dans son duo avec le rituel de "l'aide au développement", ne sapent ce qu'il faudrait construire : des institutions qui garantissent (enforce) les DROITS de chaque être humain.

Ce n'est pas une question d'aide, ni même d'économie. C'est une question de démocratie.


Si je puis me permettre de recommander, à qui s'intéresse à ces sujets, quelques auteurs, qui, aussi nordiques soient-ils, m'ont inspiré une grande confiance ; côté économistes :

  • Joseph Stiglitz, "Making Globalization Work" ;
  • Philippe Hugon, "Économie de l'Afrique" ;
  • Jean-David Naudet et al., "Trouver des problèmes aux solutions : 20 ans d'aide au Sahel" ;

Côté politique :

Mais tout cela est aisément remplaçable par quelques chapitres de "En attendant le vote des bêtes sauvages" d'Ahmadou Kourouma.


Correction à 12:29 (après le 3ème commentaire) : "soit efficiente pour le développement" remplace "ait un impact significatif sur le développement."

lundi 17 novembre 2008

35'55", orientons nos enfants vers ce qu'ils REUSSISSENT

35'55" hier matin, dans la petite ville voisine d'Ermont, terminus du RER C. Ça ne fait pas grand chose, 25ème de la course, pas la plus petite coupe ni même une pochette à CD ni un rouleau de PQ à rapporter fièrement à la maison, pas grand chose mais je suis super content.

Car voyez-vous, moins de 36' ça veut dire moins de 3'36" au kilo ; plus de 16 km/h 2/3 de moyenne ; un classement "régional 2".

C'est mon meilleur temps sur 10km, et quand j'avais fait 35'59", j'avais trois ans de moins.

Donc 35'55", je l'ai écrit sur facebook, sur mon blog-it express, je l'ai dit à ma femme, mes enfants, mes parents.

Bon, mais en parler ici ? Donner (si peu que ce soit !) l'impression de la ramener ? C'est surtout un blog politique, ici.

Alors parlons d'orientation. Parlons du malheur des enfants qui ne savent qu'échouer, qui sont orientés à force d'échecs. Hier soir, j'entendais au vol quelques mots de l'émission sur l'école sur "Capital". Quelque chose comme = "on m'a orienté, ça veut dire on m'a écarté, on m'a éliminé".

J'ai toujours été nul, archi nul, dernier de la classe ou dans les derniers. Malhabile, lent, faible, petit, hors du tempo et mal accordé avec le collectif.

C'est en CM2 que j'ai couru ma première course. Quand tout le monde a accéléré, je n'ai pas bougé, convaincu qu'il restait encore un tour.

C'est en 4ème que j'ai eu - je ne l'aurais pas appelée ainsi - une deuxième chance. 14ème sur quelques 200, le directeur en a tiré argument : apprendre le latin et le grec ne devait donc pas nuire à la réussite sportive. Connaissant mes notes d'EPS, j'ai grimacé.

Ma troisième et dernière chance a été le bac blanc. À l'époque, parmi les trois sports possibles, gymnastique, natation et athlétisme, il fallait en choisir deux. Le professeur d'EPS m'a orienté vers la gym : "en gym, n'importe qui peut avoir la moyenne". Je savais barboter ; j'ai donc pris natation et gym. Le mouvement à réaliser commençait, si mon souvenir est bon, par un saut de mains ; ce dont je me souviens très bien, c'est de m'être écrasé comme une serpillière, en guise de mouvement. Je ne pouvais pas revivre ça le jour du bac : j'ai pris athlé.

Un petit carnet bleu, qui se souvient de toutes mes performances depuis la 4ème, a oublié mon temps au 1000 mètres du bac - ça devait être entre 3'15" et 3'30". Assez pour arriver devant les autres, assez pour avoir une bonne note et 4 "points en plus", assez pour y croire et continuer.

Mon petit carnet bleu a noté, dans les cinq ans qui ont suivi, des dizaines et des dizaines de courses, du 400m aux 25km. Assez pour voyager de Brest à Berlin, assez pour être considéré … pas comme un sportif, certes, je n'ai jamais réussi à lancer un javelot et me suis sévèrement éraflé au saut à la perche … pas même comme un coureur qui a du potentiel - je cours tout raide, bassin bloqué et épaules en avant, en soufflant comme un phoque ou en crachant mes poumons … pour être considéré, enfin pour avoir l'impression d'être considéré autrement, que comme un petit Chose qui fait du latin et du grec.

Je raconterai une autre fois pourquoi j'ai repris quinze ans plus tard, en 2003, comme tout le monde - le demi-fond est un sport pour quadras.

Depuis 5 ans, je me sens souvent bien à l'entraînement et je suis souvent déçu le jour de la course - raide, bloqué, fatigué.

Dimanche dernier, j'ai été sur les buttes du Parisis faire ma séance - je tournais un kilomètre-heure moins vite qu'en juillet. Pas de jus. Je n'ai pas couru de la semaine - trop de boulot. Même pas le footing dit "de surcomp" recommandé la veille de la course. Si ce n'était pas le club qui m'avait inscrit, je ne serais pas allé faire la course. Minimum syndical : je me suis levé trois bonnes heure avant, réchauffé du riz, préparé un double café à boire 20 minutes avant pour ne pas dormir les 4 premiers kilomètres. J'ai dit aux copains : "c'est pas le jour, je fais pas ma course, je me cale derrière quelqu'un et basta".

En fait, je me suis laissé décrocher après les 2 km, je l'ai regretté pendant les trois suivants, j'ai été "limite point de côté" à partir du km 6, et aux 7 1/2 j'ai senti tout s'en aller, le gros coup de fatigue - tant pis, on n'abandonne pas si près du but, finis à la godille. Garde les yeux sur les épaules du type qui est devant celui qui est devant toi (un peu loin, le type). Aux 9 km, en principe, tu accélères ? rien du tout. Juste sur le stade, un sprint pour éviter le ridicule d'être doublé sur la ligne.

35'55".

Tu cours, mais après quoi ? me demandait il y a longtemps un ami ancien coureur, et énarque.

Je sens bien que quelque part, le surdiplômé que je suis, celui qui a travaillé avec les plus grands, celui qui la ramène sur la politique mondiale à longueur de blogs, n'a pas encore pardonné au petit Chose qui s'écrasait au lieu de faire un saut de mains.

Moralité ? Le surdiplômé a son avis sur l'orientation. Ne nous contentons pas des "n'importe qui peut avoir la moyenne", des "il est grand temps de se ressaisir", encore moins des "il faudrait penser à ton orientation".

Donnons l'occasion à nos enfants de découvrir qu'ils peuvent RÉUSSIR.

Autre moralité ? Vous ayant dit ça, je reprends le carnet bleu et à la page "10000", je note ce que ma Timex Ironman (affreux matériel, mais indispensable) a gardé en mémoire : 6'38", 3'43", 37, 36 (17'36"), 33, 37, 50, 40, 36. 35'55".


Ce billet est un hommage à Veuve Tarquine dont les récits m'ont donné le courage de parler course pour la première fois en 5 ans ! Et la double moralité est un salut à Fabrice Fajeau, qui m'a fait découvrir Perrault.

dimanche 16 novembre 2008

La sortie de crise selon Barack Obama : énergie verte et éducation

Le président-élu des États-Unis prévoit une causerie hebdomadaire au coin du drapeau, et ce samedi c'était la première.


Obama et la sortie de crise - 15 novembre

Il approuve d'un mot la réunion du G20 car il faut une réponse coordonnée à la crise - encore eût-il fallu que le G20 en soit capable. Au passage, voilà du travail bien fait, il pense à définir le G20 : "un groupe qui comprend les plus grandes économies de la planète". C'est cela même ;-)

Après quoi il propose son plan de sortie de crise, à l'échelle des États-Unis. Il ne parle pas de relance, plutôt d'un effort de moyen-long terme. "The road ahead will be long (... to ...) steer ourselves out of this crisis".

Si l'urgence est sociale - "des millions de nos concitoyens n'en dorment plus, eux qui se demandent comment payer leurs factures" - le président élu annonce une seule nouvelle dépense sociale : "une aide aux Américains, plus d'un million, qui arrivent en fin de droits d'allocations chômage". (Comme d'habitude, et comme dans la suite, Obama me rappelle quelqu'un).

Il parle aussi de la couverture santé, mais ses termes n'impliquent pas une nouvelle dépense publique, car pourquoi les professionnels de santé seraient-ils globalement payés plus demain ? Il s'agit sans doute plutôt d'une redistribution voire d'une réduction du coût de la santé - le secteur américain de la santé est le plus coûteux du monde, il semble y avoir de gigantesques économies possibles.

En revanche, Obama annonce deux grands domaines d'investissement de moyen-long terme, en héritier du New Deal, ou en keynésien conséquent :

  • reconstruire routes et (surtout, apparemment) écoles pour "donner à chaque enfant l'éducation de niveau mondial, dont il aura besoin dans la compétition avec tous les autres travailleurs du monde" (que c'est bien tourné en VO, quelle finesse pour ne pas froisser la fierté nationale américaine…!) ;
  • "investir 150 milliards de dollars pour construire une économie américaine de l'énergie verte, qui créera 5 millions de nouveaux emplois, libérera notre nation de la tyrannie du pétrole étranger, et sauvera la planète pour nos enfants".

La classe totale.

mercredi 12 novembre 2008

5 questions sur l'Amérique d'Obama

Appel à idées pour améliorer les questions (sans même parler de réponses !).


1. Quelle est aujourd'hui la place des Etats-Unis dans le monde, plus exactement : quelle est aujourd'hui la place du monde pour les Etats-Unis ?

  • Les États-Unis ont-ils besoin de la mondialisation pour leur développement (durable) ?
  • Les Etats-Unis se sentent-ils porteurs d'un projet mondial ?
  • La mondialisation est-elle pour eux une histoire ancienne, un acquis … ou une nouveauté ?
  • Ils se sont endettés ces dernières années et ont ainsi pu vivre aux crochets du reste du monde : quelle est la suite de l'histoire ?
  • Quelle est la part de l'armée dans la puissance américaine des années 2000 ?
  • Leur puissance associée à leur capacité à rebondir rapidement, à agir dans le présent, leur donne-t-elle le leadership dans l'économie et la société actuelle ? Comment le court-termisme produit-il un développement à long terme ?
  • Autrement dit, est-ce la superpuissance des années 2010 ?

2. Comment fonctionne la régulation dans l'entreprise américaine ?

  • Qu'est-ce qui s'ajoute à la liberté de créer, d'entreprendre, pour rendre possible une dynamique d'innovation constructive, productive ?
  • Comment interviennent centres de recherche et universités, investissement en capital, financements publics ?
  • Dans quelle condition peut apparaître la qualité qui manque si souvent dans l'industrie américaine ?
  • Quels sont, dans l'entreprise, les pouvoirs et contre-pouvoirs ? Quelle est l'étendue, quelles sont les limites du pouvoir du capital, du travailleur ?
  • Quels sont les avantages et inconvénients de la régulation externe, par le juge ?

3. Comment sont pris en charge les intérêts communs ?

  • Pour la première fois depuis des décennies, "tout le monde a parlé politique". Mais au-delà de "mettre fin à l'ère Bush", comment l'intérêt général peut-il être servi aux Etats-Unis ?
  • Le secteur santé donne l'exemple, par rapport aux autres pays, d'un surcoût global énorme, d'une performance moyenne médiocre et de fortes inégalités… Mais ailleurs ?
  • Protection de la nature : d'où viennent les 90 ans d'avance des Etats-Unis sur nous, en protection de la nature, et leur retard sur la lutte contre l'effet de serre ?
  • La philanthropie (ONG, universités privées, organisations communautaires, fondations…) : quelle portée, quelles limites ?
  • Le fédéralisme : chance (diffusion de bonnes pratiques, capacité d'initiative) ou point de faiblesse (lacunes multiples de la régulation, défaut de perspective commune) ?

4. Comment fonctionne une société multi-culturelle sans métissage ?

  • Comment surviennent, comment sont intégrées les migrations ?
  • Comment a été perçue, dans la société américaine, la personnalité de Barack Obama ?

5. Tentative de résumé : Quel est aujourd'hui l'American Dream ?

mardi 11 novembre 2008

Le 11 novembre 2008 à Argenteuil

ceremonie_11nov.jpg

Les militants Démocrates sont venus assez nombreux (nous attendons toujours que le Maire daigne nous reconnaître comme association et nous inviter aux événements de la ville ; mais cette cérémonie du souvenir est publique).

J'ai été surpris par le message de l'Union des Anciens Combattants - je ne retrouve ni son nom exact ni son éventuel site web - il commençait par : "Une guerre n'est jamais grande".

Après la mort du dernier des combattants français de 1914-18 - et c'était déjà le cas depuis quelques années - le 11 novembre est l'occasion de parler de paix, et d'Europe unie. Très bien ! Les derniers survivants étaient d'ailleurs, comme Lazare Ponticelli lui-même, des très jeunes, des engagés volontaires, dont les témoignages me rappellent le personnage de Graeme Allwright :

Tu es parti là-bas sans savoir pourquoi / Je n'crois pas que tu cherchais la gloire
Tu avais peut-être seulement du mal à jouer le jeu / Dans ta petite ville sans histoire
On t'a dit que là-bas la cause était juste / Qu'il fallait vaincre à tout prix…

Il faudra un jour réunir ce refus de la guerre, spécialement des guerres stupides, et la reconnaissance de notre filiation vis-à-vis de ces morts.

"Ce pays a grandi dans la familiarité de ses héros, morts souvent avant d'avoir commencé à vivre. Le sang s'y est mêlé à la terre. La France est là, et plus que la France : ceux qui sont venus à son secours. C'est là qu'il faut la chercher d'abord, qu'ils aient travaillé ou combattu pour elle." - écrivait Jean-Marie Domenach.

- page 1 de 14